Partez à la conquête du volcan Nyiragongo

En éruption

Présentation

Le Volcan Nyiragongo est l’un des volcans les plus actifs et les plus spectaculaires d’Afrique, situé à l’est de la République Démocratique du Congo, dans la région du Nord-Kivu, au sein du Parc National des Virunga. Il se trouve à environ 20 kilomètres au nord de la ville de Goma, sur la rive nord du Lac Kivu, et à proximité immédiate de la frontière avec le Rwanda. Le Nyiragongo fait partie de la branche occidentale du Rift Est-Africain, plus précisément du segment du Rift Albertin, une zone tectonique active où l’extension de la croûte continentale favorise la remontée de magmas profonds.

D’un point de vue morphologique, le Nyiragongo est un stratovolcan basaltique à pentes raides, culminant à environ 3 470 mètres d’altitude. Son édifice présente une silhouette conique relativement régulière, profondément entaillée par des coulées de lave récentes. Le sommet est occupé par un vaste cratère sommital circulaire, d’environ 1,2 km de diamètre, qui a longtemps abrité l’un des lacs de lave permanents les plus vastes et les plus actifs de la planète. Ce lac de lave, d’une dynamique exceptionnelle, est alimenté par un système magmatique peu profond, caractérisé par une circulation rapide du magma entre la chambre magmatique et la surface.

Sur le plan géologique et volcanologique, le Nyiragongo se distingue par la composition très particulière de ses laves, riches en néphélinite, un magma extrêmement fluide et pauvre en silice. Cette composition confère aux coulées de lave du Nyiragongo une viscosité exceptionnellement basse, bien inférieure à celle des basaltes hawaïens. Les vitesses d’écoulement peuvent atteindre plusieurs dizaines de kilomètres par heure sur les pentes, ce qui explique le caractère particulièrement dangereux du volcan pour les zones habitées. Cette signature magmatique unique est liée à la fusion partielle profonde du manteau dans le contexte du Rift Est-Africain.

L’activité volcanique du Nyiragongo est dominée par des éruptions effusives, souvent associées à des ruptures de flanc et à des vidanges rapides du lac de lave sommital. Ces événements peuvent générer des coulées de lave catastrophiques atteignant rapidement les zones urbaines, sans signes précurseurs marqués. Le volcan est également caractérisé par un dégazage intense, notamment en dioxyde de carbone, pouvant s’accumuler dans les dépressions topographiques et représenter un danger supplémentaire pour les populations locales.


Chronologie des éruptions et de l’activité historique majeure

  1. 1882–1884 : premières observations historiques d’activité volcanique documentée.
  2. 1927 : éruption majeure avec ouverture de fractures sur les flancs ; des coulées de lave atteignent la ville de Goma, détruisant une partie des habitations.
  3. 1977 (10 janvier) : éruption catastrophique liée à la vidange brutale du lac de lave sommital ; des coulées extrêmement rapides causent la mort de plusieurs centaines de personnes et atteignent les zones habitées en moins d’une heure.
  4. 1982–1983 : reprise d’activité effusive modérée.
  5. 1994–1995 : reformation d’un lac de lave permanent dans le cratère sommital.
  6. 2002 (17 janvier) : éruption majeure avec rupture du flanc sud ; des coulées de lave traversent Goma, détruisent une partie de la ville et atteignent le Lac Kivu, provoquant le déplacement de plus de 300 000 personnes.
  7. 2016–2020 : activité soutenue du lac de lave, avec fluctuations importantes de son niveau.
  8. 2021 (22 mai) : éruption majeure fissurale sur le flanc sud ; coulées de lave destructrices atteignant les abords de Goma, destructions d’infrastructures et évacuations massives.
  9. 2022–2024 : activité persistante avec dégazage intense, sismicité élevée et reformation partielle d’un lac de lave profond.
  10. 2025 : volcan actif ; dégazage soutenu, sismicité de fond élevée ; surveillance continue assurée par l’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG).

L’accès au Nyiragongo est strictement réglementé et encadré par les autorités du Parc National des Virunga. L’ascension s’effectue à pied, en une journée, depuis les flancs inférieurs du volcan, à travers des forêts tropicales de montagne, puis des paysages volcaniques dénudés. Le sommet offre une expérience volcanologique exceptionnelle, avec l’observation directe du cratère et, selon les phases d’activité, d’un lac de lave actif ou profondement incandescent. Les conditions d’altitude, les gaz volcaniques, l’instabilité du terrain et le contexte géopolitique régional imposent une organisation rigoureuse et un encadrement professionnel.

Le Nyiragongo est aujourd’hui considéré comme l’un des volcans les plus dangereux et les plus fascinants du monde. Sa dynamique éruptive unique, la fluidité extrême de ses laves, la présence historique de lacs de lave spectaculaires et sa proximité immédiate de zones densément peuplées en font un site de référence majeur pour l’étude du volcanisme de rift continental. Pour les passionnés de volcans et les voyageurs engagés dans des circuits d’exploration volcanique, le Nyiragongo représente une expérience rare et inoubliable, au cœur de l’un des environnements géologiques les plus actifs de la planète.

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Localisation du volcan

Excursions proposées

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Ascension du volcan Nyiragongo

L’ascension du Volcan Nyiragongo débute depuis le poste d’entrée du Parc National des Virunga, à environ 1 900 mètres d’altitude. Le parcours se fait entièrement à pied et traverse d’abord une forêt tropicale de montagne dense sur un sol volcanique.

Au fur et à mesure de la montée, la végétation se raréfie et le sentier devient plus minéral, composé de scories instables, de cendres compactées et de blocs de lave basaltique. Les derniers kilomètres sont particulièrement raides et nécessitent prudence et bonne condition physique.

Le bivouac se situe près du bord du cratère sommital, à environ 3 470 mètres d’altitude, sur une plateforme sécurisée. De là, il est possible d’observer le lac de lave actif, offrant un spectacle unique, surtout au coucher et au lever du soleil.

Difficulté Terrain(s) Marche a/r Dénivelé Alt max
A quoi correspond le niveau Soutenu ?
Marche soutenue sur sentier et hors sentiers. Dénivelés de 1 000 à 1 500 m - 5 à 7h de marche certains jours. Accessible aux marcheurs expérimentés pratiquant régulièrement la marche et entretenant leur condition physique.
Sentiers à travers la forêt tropicale de montagne dans les premiers kilomètres, sur un sol volcanique meuble et parfois glissant, puis progression sur des scories volcaniques et des cendres compactées, avec présence de blocs de lave. 6h00

+1600 m
3570 m
Inclus dans le prix
Bon à savoir

Recommandation : Porter de bonnes chaussures de randonnée robustes et à semelle adhérente, adaptées aux sols instables. Utiliser des bâtons de marche, particulièrement utiles pour la montée et surtout pour la descente. Prévoir des vêtements chauds et coupe-vent, ainsi qu’un bon sac de couchage pour la nuit en altitude.


Descente du volcan Nyiragongo

La descente du Nyiragongo s’effectue par le même itinéraire que la montée et débute généralement tôt le matin après le bivouac au sommet. Elle est plus rapide, mais reste exigeante en raison du terrain. La dernière partie se déroule dans la forêt tropicale de montagne, sur un sol meuble et parfois humide.

Difficulté Terrain(s) Marche a/r Dénivelé Alt max
A quoi correspond le niveau Soutenu ?
Marche soutenue sur sentier et hors sentiers. Dénivelés de 1 000 à 1 500 m - 5 à 7h de marche certains jours. Accessible aux marcheurs expérimentés pratiquant régulièrement la marche et entretenant leur condition physique.
Les premières sections se font sur des scories volcaniques instables, parfois glissantes, sollicitant fortement les genoux ; l’usage de bâtons de marche est vivement recommandé. Plus bas, le sentier traverse des coulées de lave anciennes composées de blocs basaltiques rugueux, nécessitant une pose de pied attentive. La dernière partie se déroule dans la forêt tropicale de montagne, sur un sol meuble et parfois humide.
4h30
-1600 m
3570 m
Inclus dans le prix
Bon à savoir

Recommandation : La descente sollicitant fortement les genoux et les chevilles, l’usage de bâtons de marche est vivement conseillé, ainsi que le port de chaussures à bonne accroche. Adopter un rythme régulier permet également d’assurer une descente en toute sécurité.